Réflexion sur les effets de rênes

De nos jours j’entends encore des têtes blondes commencer à apprendre la direction soit avec la rêne d’ouverture soit avec la rêne d’appui. Suite à des lectures de débats terribles, voici un éclairage sur cette grande question. En effet, ces deux termes sont tombés en désuétude et normalement désormais exclus de la formation depuis plusieurs années, non sans raison.
Si l’on observe ce qui se fait à haut niveau, le voyage peut être un peu déstabilisant : ils n’utilisent ni l’un ni l’autre. Et non sans raisons : cet apprentissage donne la fausse illusion que tourner se fait avec une action sur la rêne intérieure (quelle qu’elle soit) et se corrige au besoin avec une action vigoureuse des jambes compensant la perte d’engagement (futile) créée. Il n’est donc ici pas question de contrôler la trajectoire des épaules et d’obtenir une incurvation régulière de tout le rachis du cheval mais bien de faire le nécessaire soit pour tourner la tête du cheval dans la bonne direction (jusqu’à ce qu’il la suive) ou pour repousser son garrot vers l’extérieur (créant une cassure de ladite incurvation).
Ces concepts sont abandonnés au profit du couloir de rênes (léger déport des deux mains dans la direction voulue) qui, lui, représente une ouverture proposée dans la bonne direction, avec un apprentissage de la rectitude qui devient possible. En effet, la rêne extérieure entre en tension tandis que la rêne intérieure “ouvre la porte” dans sa direction permettant ainsi à la main correspondante de “rendre”. Dans cette configuration, on limite la perte de poussée provoquée de facto par l’action de tourner en permettant au postérieur correspondant de s’engager sous la masse tandis que la taille de la courbe et la flexion du cheval sont contrôlées par le mouvement en avant et l’action de la rêne extérieure. Enfin, dans cette configuration, le cavalier devient capable d’ouvrir sa cage thoracique et à se grandir, participant ainsi à une bonne synergie pour l’équilibre longitudinal et latéral de son cheval.

Sportivement,
Emeline Debuire.

 

Tension sur la rêne extérieure et prise d’équilibre

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