La charnière thoraco-lombaire

Articulation majeure du cheval de dressage (et d’obstacle) s’il en est, la charnière thoraco-lombaire est déterminante dans la locomotion du cheval et notamment la transmission du mouvement à travers le corps entier. S’il est artificiel de la séparer du reste, son observation reste néanmoins intéressante et parfois édifiante.

Chaque locomotion est unique
Chaque cheval a un modèle et une locomotion dont les caractéristiques fines lui sont propres que l’on peut apprendre à observer et identifier. Elle se définit en bonne partie par la génétique, ce qui inclut la conformation mais aussi l’usage réel de celle-ci à travers ses différentes allures.
Un cheval ayant de grandes capacités au rassembler n’est pas forcément celui aux allures les plus spectaculaires notamment lorsqu’il est jeune ou encore vert, et inversement un cheval aux allures spectaculaires, qu’il ait de la force ou non dans les postérieurs, n’a pas forcément une capacité immense pour le rassembler : des gestes naturellement lents sont plus expressifs mais le cheval a besoin d’adopter une grande vitesse (et amplitude) dans les articulations des postérieurs pour le rassembler. (et pour cela un article vous attend ici : comment regarder un cheval pour le dressage ?)

La charnière thoraco-lombaire
Si la charnière thoraco-lombaire n’est pas seule dans la balance, elle est un facteur facilitant ou limitant dans l’évolution vers le rassembler. Elle peut posséder une faible mobilité et donner une plus grande liberté d’épaules dans le galop et le rendre tout à fait impressionnant à regarder tout en conservant une bonne amplitude des postérieurs (quand le cheval engage les postérieurs sous la masse, il peut alors mécaniquement gagner en mouvement vertical), comme elle peut, dans d’autres cas, avoir une incidence sur l’engagement du cheval comme facteur limitant. De la même façon, un cheval qui se ploie fort à ce niveau (grande mobilité) peut gagner lui aussi en hauteur pour dégager ses épaules et gagner de l’amplitude (antérieurs comme postérieurs), mais s’il n’a pas de réel moteur dans l’arrière main pour supporter cette machine et/ou que la jonction thoraco-lombaire manque de puissance, là encore on se retrouve dans une mécanique impressionnante et cette fois inefficace.

Et les postérieurs dans tout ça ?
À noter que si l’engagement des postérieurs est très important il est à différencier de la force de poussée des postérieurs (et là on dit du cheval qu’il a « de la force », on ne parle pas simplement de la masse musculaire relative à la croupe et la cuisse mais leur efficience). À noter : l’engagement concerne tout ce qui se passe le postérieur levé et en direction des antérieurs, la poussée concerne ce qui advient le pied en appui et dans les mouvements en direction de la queue. Un cheval peut avoir un très bel engagement mais pas de force, et donc une cadence naturelle mauvaise ou difficile, qui nécessitera un travail adapté à cette caractéristique tout au long de sa vie.

Incidences sur le choix d’un cheval
Cette question-là, bien qu’elle ne soit pas la seule à prendre en compte lors du choix d’un cheval, est, même si elle n’est pas nommée, prise en compte dans les choix d’élevage parmi tant de critères importants : facilité sous la selle, placidité, sang, orientation de *insérez ici différents critères morphologiques*, proportions, etc, etc et s’adapte selon le croisement recherché et la volonté commerciale assortie. (non, ce n’est pas un gros mot : on a besoin de chevaux de types différents, parce qu’il y a énormément de cavaliers différents, aux ambitions et recherches différentes, aux préférences différentes).

Néanmoins, si en prendre conscience lorsque l’on veut évaluer un cheval est une bonne chose, on en fera pas forcément un facteur rédhibitoire en tant que cheval de sport : un cheval aux belles qualités d’allures avec un bon rythme naturel et de l’équilibre, dont la mise en main est facile a de bons arguments pour vous faire craquer et vous emmener au prix tous les week-ends.

Sportivement vôtre,

Emeline Debuire.