Travail à pied pour le dressage ?

Commençons par le commencement : ce qui dicte mon programme hebdomadaire prévisionnel et réel est une seule règle surtout en ce qui concerne les jeunes chevaux (et qui a été très formateur pour la gestion des chevaux matures !) :✅Tous les jours quelque chose de constructif.✅

📎Don’t get me wrong : le repos en lui-même y a toute sa place et ses lettres de noblesse. La différence, c’est qu’il doit être réfléchi, anticipé et non pas seulement en fonction de la météo ou de mes disponibilités seules. Ce n’est pas un accident mais doit rejoindre un choix délibéré qui permet au cheval de digérer les informations, ou participer à la récupération musculaire, et devenir encore meilleur pour la séance suivante. Le repos a un avantage : l’utiliser régulièrement et de façon optimale permet de préserver la fraîcheur et le physique des chevaux.

De la même façon, le travail à pied me permet d’optimiser toutes mes séances en selle, lors desquelles je véhicule fatalement mes dissymétries, déséquilibres, fautes de jambe ou erreurs de justesses de main dont je ne suis pas au courant.Cela inclut de préparer le cheval à l’imprévu et l’inconnu, en le mettant en situation où il doit s’en remettre au cavalier qui est là pour partager avec lui son expérience des choses étranges.Parfois, travailler à pied plutôt que monté permet de gratter plus en profondeur une difficulté qui a pu s’installer sans mettre quiconque en danger, ou encore de préparer une nouveauté lorsqu’il n’est pas indiqué de la présenter en selle en premier

.❌Deuxième disclaimer, le travail à pied ne représente pas forcément une grande partie ni la moitié du volume de travail de mes chevaux, néanmoins je prends le temps ici de détailler la palette d’outils que cela représente à lui tout seul.

📍Le travail éducatif brut📍
Dans cette catégorie, je ne place pas forcément uniquement les séances formelles dédiées (qui vont pousser un exercice ou introduire de la nouveauté) mais évidemment toutes les manipulations du cheval qui doivent se tenir à une rigueur permettant au cheval de trouver sa place auprès de vous pour s’exprimer uniquement en toute sécurité physique et morale.Ce travail aborde tranquillement la notion de respect des aides et du cadre en plus d’ouvrir la communication sur ce qu’il est possible ou non au cheval de faire, ainsi que de lui montrer « patte blanche » sur la marge de manoeuvre qu’on lui accepte sans rechigner : il ne doit pas craindre de tester de nouvelles réponses, mais doit ensuite être définitivement fixé sur ce qui est possible ou non (cohérence dans le temps).

📍 La longe enrênée📍
La longe, ce grand sujet ! Les enrênements sont choisis selon le cheval et l’objectif de séance, ou encore si un problème particulier de contact sur la séance montée précédente le nécessite. Les rênes fixes, après m’avoir donné de l’urticaire pendant plus de 10 ans, ont trouvé grâce à mes yeux depuis mon expérience en élevage en Allemagne. Elles sont très utiles pour éduquer au contact et à sa franchise, tout comme permettre de proposer un cadre fixe sur lequel le cheval peut travailler et dans lequel il va s’adapter. J’utilise aussi une paire de rênes allemandes toutes bêtes en triangle haut ou moyen selon le cheval et ce dont j’ai besoin. Le Patrick Le Rolland, permettant une attitude plus basse et plus longue sur une incurvation pré-réglée à l’avance (et là encore, attention, je n’utilise pas les anneaux extérieurs qui ne permettent pas la rectitude sur le cercle et pourraient inciter le cheval à prendre le contact en opposition à l’anneau intérieur en délaissant complètement la tension sur le latéral externe).La longe enrênée a l’avantage de permettre au cheval d’aller chercher le contact sans les déséquilibres et fautes du cavalier, mais l’inconvénient d’être en cercles, ce qui ne m’incite à ne pas en abuser sur mes programmes : idem lorsque le cheval termine son débourrage, l’idée n’est pas d’en devenir dépendant.

📍Les longues rênes📍
De trois quart ou sur le cercle, elles participent à affiner certains exercices et notamment agir sur la décontraction de la bouche, l’incurvation ou le cadre de façon fine. De plus, cet outil permet de développer quelque chose de bien pratique : le cheval qui va vers son contact et le « remplit » grâce au mouvement en avant. Néanmoins, je ne l’utilise pas avant que le cheval soit à l’aise avec les enrênements et une bonne notion de contact monté (couplé avec un mouvement en avant et une réactivité franche vers l’avant).

📍 Les outils de développement de proprioception📍
Comme promis dans les commentaires du post précédent, je vais rester succincte pour le moment ; à ce jour quelques-uns de mes clients l’ont utilisé avec un franc succès en ce qui concerne le développement musculaire et la réduction des assymétries d’allure, j’ai donc investi à mon tour sur les bracelets antérieurs Impro’move en ne les utilisant encore qu’en longe et sans poids, désormais aux trois allures et dans des transitions pour une durée courte (5 à 8 min), sans enrênement. À l’observation, l’engagement des postérieurs sous la masse en compensation des bracelets avec soutien du garrot est impressionnante (raison pour laquelle je n’en abuse pas et les mets pas plus que tous les 15 jours sur ma jument de 4 ans !). Il m’arrive de les lui faire porter en main au pas aussi en renforcement musculaire plus léger. (quoique….grâce à l’endurance j’ai toute conscience que le pas permet plus aisément de muscler les muscles profonds et posturaux tout en économisant les articulations !).

Emeline Debuire

www.integre-training.com