Chaque cheval a quelque chose à nous apprendre

On a beau dire, notre meilleur professeur, c’est toujours le cheval qui croise notre route. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : sans aide extérieure pour éviter de se perdre dans des discours intérieurs sans queue ni tête, ce n’est pas forcément efficient. En tant que cavalier on marche en trinôme ; nous, notre monture, et l’enseignant qui nous permet de décortiquer et voir clair dans les situations parfois plus ou moins délicates. Un oeil extérieur est toujours utile pour éviter de monter dans l’émotion et ne plus y voir très clair. Un oeil extérieur est toujours utile pour éviter de mêler notre ego à nos difficultés. Un oeil extérieur est toujours utile pour agiter une alarme s’il détecte que le cheval commence à réagir par peur (et ce avant qu’elle ne colonise le cavalier s’il n’en était pas la première victime !).Néanmoins, pour y trouver son compte, j’ai toujours besoin de cette se

nsation qu’on marche avec le cheval et non malgré lui. Au moins dans la « big picture » si ce n’est dans les détails. Le jour où le cavalier se perd, il oublie le vivant et donc une bonne partie de l’intérêt du sport…

Chaque cheval a son propre bagage, sa propre façon d’aborder le travail et son environnement en général. Connaître et avoir de l’expérience avec différentes races et lignées est une richesse pour adapter sa palette technique aux situations. Certains types de chevaux sont plus ou moins sensibles, mais sont aussi plus ou moins susceptibles à certaines réactions qu’il faut être prêt à repenser et revoir en cas d’absence d’évolution. Ok en termes d’apprentissage, on reprend les grandes lignes, introduire un stimulus inconfortable, le rendre absent ou confortable dès que possible, c’est le principe de base. Ok, on peut avoir comme ressource l’échelle de progression. Néanmoins pour cette dernière, outre le fait qu’elle soit parfois (très) ouverte à interprétations, elle est de plus en plus questionnée dans la littérature récente, notamment l’absence d’introduction de la notion d’équilibre à un stade précoce (qui évolue tout de même avec l’avancée du travail) bien que ce soit une grille de lecture très pratique en abordant un nouveau couple.

Enfermer un cheval dans une catégorie bien rangée avec une jolie étiquette peut être la pire erreur que l’on commette. On part sur un acquis peut-être porté par des incompréhensions qui va nous faire inférer d’autres qualités ou problèmes qu’il n’a peut-être pas. On cherche à vite classifier ce qui n’est pas forcément toujours à son avantage et alors que la capacité d’apprentissage du cheval et de s’adapter au travail est énorme. À commencer par leur générosité de travailler avec nous. Les débourrages sont si rarement un problème que cela pourrait nous mettre la puce à l’oreille… Mais voilà : certaines phases prennent un temps incompressible, on doit rester très clair aux yeux du cheval, avec un esprit bienveillant pour lui permettre de prendre de l’assurance et commencer sa carrière sportive en toute confiance. Cela demande un cadre qui ne peut pas toujours être souple mais qui doit être compris. Et parfois pour qu’il ne soit pas source d’anxiété on doit revoir nos réactions lorsqu’il est dépassé.

En ce moment j’ai un excellent professeur avec qui ce n’est pas une sinécure mais qui fait de moi une personne meilleure. Que je ne laisserai pas tomber. Quelle meilleure motivation quand on remet en question des actions automatiques ?

Plus on en apprend sur les chevaux, plus ils nous montrent à quel point il nous reste à envisager, essayer, répéter, et apprendre.

Merci à mes chevaux passés et actuels, merci aux chevaux que je travaille d’élargir mon champ de vision 🙏

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Emeline Debuire