Quel cheval pour pratiquer le dressage ?

Arisca dans ses jeunes années

Que vous vouliez progresser ou vous perfectionner la discipline avec votre cheval ou que vous recherchiez carrément à vous procurer le cheval de vos rêves pour atteindre vos ambitions en dressage, beaucoup de questions se posent. Voici un mini-guide non exhaustif d’informations.

Au-delà des races, un certain nombre de studbook se tournent vers l’élevage de chevaux en vue de la performance plutôt qu’en vue d’une préservation de lignées originelles. Qu’il s’agisse de ceux que j’affectionne le plus : le Hanovrien, l’Oldenburg, le KWPN ou encore les DWB, ou d’autres tels le Zangersheide, Selle Français, sBs ou studbooks du sud de l’Allemagne, l’étiquette renseigne souvent bien moins que le cheval qui vous intéresse lui-même…Ou ses lignées. Quelqu’un de calé sur le sujet pourra prédire en partie l’évolution possible ou non du cheval et de ses points de force ou de faiblesse, ce qui n’est absolument pas négligeable notamment avant un achat.

D’autres races ont des caractéristiques qui leur permettent parfois d’orienter leur sélection en vue de la discipline mais sont plus ou moins soumises à un standard tout d’abord, et leurs reproducteurs ne sont issus que de leur propre studbook ce qui rend les chevaux un poil plus homogènes (encore que, il y a une plus grande variabilité dans le Lusitanien et le Pure Race Espagnole en termes de reproduction que dans le Trakehner récemment, par exemple).

Parmi les qualités recherchées, des allures au rythme parfaitement clair, de l’amplitude, de la force dans les postérieurs (attention, ne vous leurrez pas : ce n’est pas une des qualités connues des chevaux Ibériques, mais qui ont d’autres points forts néanmoins), un bon fonctionnement global qui permet de bonnes sensations à cheval, du sang et de l’énergie, un bon tempérament, des postérieurs rapides avec une bonne flexion, une musculature homogène et harmonieuse, de la sensibilité, de la souplesse, une aptitude naturelle au rassembler et une bonne construction.

Néanmoins, on peut faire énormément avec un entraînement solide et sérieux en ce qui concerne la plupart des chevaux de sport, au-delà de leurs qualités naturelles. La différence d’un cheval à l’autre se situe d’abord dans sa vitesse potentielle de construction et d’évolution (qui lui permet d’éviter ou une usure prononcée car moins besoin de répétition sur les étapes préalables ou en cas de convalescence) et ensuite au niveau auquel il va plafonner avec un score correct en reprise. La plupart des chevaux sont capables des mouvements jusqu’au niveau Saint Georges avec un travail patient, mais peu sont capables d’enchaîner des reprises entières de niveaux supérieurs sans se mettre dans le rouge.

Les qualités que vous rechercherez sur votre cheval vous sont propres, mais elles commencent toujours par prendre en compte la bonne santé de celui-ci et son tempérament de base (en adéquation avec vos préférences, votre niveau, et celui de votre encadrement : tous les enseignants ne sont pas à l’aise par exemple avec des KWPN bourrés de sang, pour ne citer qu’eux) et last but not least, son envie naturelle de se porter vers l’avant (sans laquelle vous vous tuerez à la tâche avant même de penser à rassembler ce qui en demandera énormément plus). Néanmoins, que je sois claire sur le sujet : un bon cheval n’a pas de robe ! Il vaut mieux sacrifier son souhait sur ce point qu’être déçu sur le long terme avec un cheval qui ne nous convient pas tant en termes de caractère.

Sportivement vôtre,
Emeline Debuire