Retour rapide : Le contact

Ceci est un article faisant écho à un webinaire gratuit sur le Discord communautaire.

Définitions

Le contact est le lien entre la main du cavalier et la bouche du cheval. Il s’agit plus basiquement du ressenti que le cavalier a de son cheval à travers ses mains, ainsi qu’un canal de communication bidirectionnel à l’usage du cavalier comme du cheval. Il s’agit de la première étape vers la connexion, qui elle est le ressenti de l’énergie des postérieurs du cheval passant librement à travers le dos et l’encolure du cheval ; dans les mains du cavalier. Le contact y est nécessaire, comme la souplesse est essentielle à la rectitude (la rectitude par la raideur est une douce illusion, je sais que je vais faire des malheureux).

Pourquoi le contact est nécessaire ?

Le contact est nécessaire autant comme feedback pour le cavalier et de lien stable de communication prêt à envoyer (ou non) des signaux, ainsi que pour le cheval afin de mettre en place sa base de garrot et procéder à son abduction (la colonne vertébrale à ce niveau étant un pont suspendu entre ses omoplates, et grossièrement à mi hauteur de celles-ci). Accepter le contact comme le soutient de l’épaule d’un ami pendant que vous refaites vos lacets : selon votre niveau actuel d’équilibre (et donc capacité de stabilisation) vous n’avez pas forcément besoin de vous appuyer fort dessus, par contre il est essentiel que cette épaule soit stable (et rassurante : elle ne disparaît pas soudainement sans laisser d’adresse ou ne change pas de hauteur en permanence alors que vous auriez besoin de rester penché de façon stable de votre côté pour votre lacet). Le cheval est naturellement déséquilibré vers son avant-main, mécaniquement plus lourde, ce dont en général il se sort assez bien (il a l’habitude !) néanmoins en tant que cavalier vous venez rajouter du poids à ce déséquilibre en avant : il a alors besoin pour vous porter confortablement de développer son équilibre par une prise en charge musculaire importante : soit il vous porte avec ses longs dorsaux (néfaste pour sa santé à long terme), soit il vous porte par l’engagement des postérieurs, la contraction de la sangle abdominale et l’abduction du garrot. C’est là qu’on parle de mise en main et de cheval dans la main, il laisse tomber sa tête dans vos mains et ferme son arrière-main pour pouvoir élever la partie centrale de son corps.

Le contact : ce symptôme qui doit être traité comme tel

Comme dit plus haut, le contact est un des moyens que vous avez de recevoir des informations provenant de votre cheval, et donc un symptôme qui a tôt fait d’envoyer des signaux affreux dès que des contractions ou des blocages même passagers se font sentir. Néanmoins, si vous traitez ces signaux comme le coeur du problème, il est probable que vous ne développiez pas un résultat satisfaisant à moyen terme, et il est par contre certain que vous ne bâtissez pas une relation de confiance entre votre main et la bouche du cheval. Cherchez les causes du durcissement du contact qui peuvent être diverses : absence de soutien de votre part et/ou mauvaise posture, mains instables dans leurs actions/hauteurs/largeur/qui lâchent la rêne sans raison apparente pour votre cheval, durcissement de la rêne intérieure, manque de tonicité ou d’engagement dans les postérieurs… En recherchant ainsi, vous aurez une infinité d’exercices possibles à chaque cas de figure pour traiter le problème à la racine et le dé-programmer de votre répertoire.

Avoir un bon contact ?

Un contact de qualité est stable (avec une mise en main stable, comment voudriez-vous la mise en main ou l’abaissement des hanches de votre cheval stables si vos mains ou le contact ne l’est pas ?) mais pas figé. Vous devez avoir la sensation que votre cheval vous emmène vers l’avant volontiers et qu’il prend le contact, plutôt que vous ayez besoin de le créer ou de le retenir de votre côté. Il est important de garder à l’esprit de monter de l’arrière vers l’avant en tout temps et d’avoir une posture stable qui vous permette de descendre dans vos cuisses et genoux, d’utiliser votre dos et vos épaules plutôt que vos biceps (coudes pliés le long du corps). Vos bras doivent être « neutralisés » au maximum, vos actions partant de vos omoplates via vos coudes directement jusqu’à la bouche du cheval. Il ne doit pas pouvoir situer vos poignets : ils ne peuvent pas sortir de cet axe coude/bouche ni se contracter (et cesser ainsi de fonctionner), pendant que tous vos doigts restent fermés sur les rênes. Vos actions peuvent prendre et rendre, vos mains restant toujours « vivantes » et cherchant à faire vivre l’encolure de votre cheval de sorte que vous le sentiez toujours chercher à étendre son encolure pour l’utiliser quelque soit la hauteur de son attitude.

Sportivement,

Emeline Debuire.